Chantiers navals royannais, une certaine réputation

Royan n'a rien de comparable avec certains ports voisins, pourtant la charpente navale s'y est développée pour l'entretien de la flottille locale, mais également, et nous l'avons partiellement oublié, pour la construction. Les conditions d'implantation d'un chantier d'alors peuvent paraître aujourd'hui sommaires, vu ceux installés le long de la Garonne, de la Dordogne et les unités produites. Il semble qu'à Royan, ils s'étalaient au départ dans le quartier des Loges, proche de l'actuel monuments aux morts. Leur proximité avec les habitations a dû provoquer quelques plaintes pour les bruits et odeurs occasionnés, provoquant leur déménagement vers le port. De 1828 à 1830 celui-ci est développé et l'on signale que les cales de construction établies sur les ruines du château y sont régularisées, pour être à nouveau déplacées en 1862, afin d'obtenir un quai de 400 m. Leur destination finale sera la Plataine de Foncillon.

Milieu XIXe, sortirent de Royan les premiers bateaux-feux français. En 1844, le Talais I, aux chantiers Roux, en 1858, le Talais II et le By produits par Grenzillier et Guichard pour éclairer les bancs éponymes. Le système eut un écho favorable et plusieurs ports de France furent ainsi équipés, jusqu'à Dunkerque. Fin XIXe, c'est la construction de chaloupes qui jouit d'un certain prestige : nos saintongeaises sont très prisées, notamment par les Groisillons. Le Père Milloch en 1862, la Marie Létitia construite en 64, la Marie en 69, Notre Dame de Quelvain, en 80, ou la Sidonie en 1883, témoignent en partie de cet engouement. La Sidonie deviendra un bateau déterminant dans l'histoire maritime française. Son propriétaire, Pierre Baron, après avoir réchappé de justesse à une tempête quinze jours après la réception de son navire, transforme le gréement de sa chaloupe, jugé trop dur à la manoeuvre, par celui de dundee : une grand voile aurique bômée et un tapecul. Ses performances sont indéniables si bien que ses contemporains l'imitent rapidement. On équipe ainsi les bateaux pilotes qui devinrent les cotres à tapecul que l'on connaît.

 

chantier maritime et maison amiot

Chantier maritime et maison Amiot

 

chantier de foncillon

Chantier de Foncillon

 
 

La charpente navale royannaise, avec la production de ces navires par l'architecte constructeur réputé, Augustin Gauraud et son chantier de Foncillon, s'illustre avec la Loire 5 en 1909, suivie de la Padelle, à guibre, du Surcouf, de la Gabrielle,...jusqu'au Minahouet en 1912. Sa carène sublime restaurée peut, aujourd'hui encore, se faire admirer, après 15 ans de travail acharné.

Une autre bourgade locale fut une pépinière pour la construction navale. Il s'agit de Mortagne avec les chantiers Dumas au XVIIIe, puis Morin, Lucazeau, Bertin et enfin Bombal, qui après-guerre, se fit un nom avec sa série des Estuaire, sport, junior ou de grande croisière participant à la démocratisation du nautisme.