Régates et bateaux de travail

Les régates ont semble-t-il, dès leur création, reçu accueil et succès populaires. Très prisées par les professionnels de la mer, elles valorisaient leurs compétences nautiques.

Cet exercice n'était pas éloigné de leur travail, car sans se l'avouer, du temps de la marine à voile, ils régataient chaque jour pour être les premiers rentrés au port et vendre leur pêche au meilleur prix. A souligner également qu'à l'époque, de généreux donateurs, dont le ministère de la Marine Marchande, venaient récompenser les lauréats. Les prix substantiels offerts amélioraient sensiblement le quotidien des marins.

Ces derniers s'affrontaient, entre eux, dans des catégories réservées aux chaloupes de pêche, de pilotage ou de bornage. Quelques divisions, au-dessus et au-dessous d'une certaine longueur, tentaient de rétablir un semblant d'équité. Les canots et les yoles pontés ou non pontés se disputaient chacun entre eux, tandis que les bateaux de plaisance se regroupaient dans une autre section. Ceux mus par des avirons ou des rames joutaient ensemble. Ces différentes courses étaient applaudies avec autant de ferveur par le public.

 

Régates à Royan

Régates à Royan

Régates à Royan

 
 
 

Depuis, les régates entre professionnels ne sont plus qu'une image d'Epinal. Les Défis des Ports de Pêche, où l'équipe de Royan s'est plusieurs fois brillamment illustrée, n'ont rien de comparable avec ces courses qui jalonnaient, chaque année, l'ensemble du littoral français.

Aujourd'hui Royan est ville étape du Tour de France à la voile, mais elle nous a auparavant procuré des sensations fortes, lorsqu'elle accueillait le Trophée des Multicoques. Tout le monde se souvient de l'abordage de Banque Populaire et de Groupama devant la Grande Conche; ou du prologue de la Transat 6.50 en 2003, lorsque ces petits bolides vinrent en découdre avant leur départ pour Salvador de Bahia.

Actuellement, la Société des Régates de Royan, Saint-Georges Voile ou l'école de voile de Meschers organisent des confrontations sur l'eau, régates classiques ou Challenge Entreprises. La Gironde reste donc toujours un splendide stade nautique pour dériveurs, quillards, habitables ou multicoques du secteur.

Le patrimoine maritime charentais est, lui, valorisé, mis en scène ou en lumière, tous les deux ans avec « Voiles d'Estuaire » qui éclaire, chaque fois, un pan différent de l'histoire fluvio-maritime locale et séduit un public sensible à ces vieilles coques, à ces gréements traditionnels dont les couleurs fleurent bon la voile d'antan.

Avec le soutien de la Station Nautique du Pays Royannais, qui apporte une aide logistique, humaine et financière, ces manifestations voient le jour, se développent ou perdurent pour le bonheur de tous.